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Les routines aident-elles à diminuer la charge mentale ?

Si la charge mentale devient trop pesante, elle peut causer du stress. Notre organisme a trois manières de gérer le stress : l’alarme, la résistance et l’épuisement. On appelle cela le syndrome général d’adaptation (découvert en 1935 par Hans Selye). Chacune de ses phases provoque des réactions physiques (boule dans la gorge, suffocation…).

Pourquoi la charge mentale joue sur notre santé ?

« Il n’y a pas de santé sans santé mentale » a déclaré l’Organisation Mondiale de la Santé. Avoir trop de choses auxquelles penser, trop d’informations qui arrivent dans notre cerveau en même temps et trop de pression pour réussir à tout faire sont des symptômes de la charge mentale. Si les routines peuvent s’avérer un outil efficace pour gérer une trop grosse charge mentale, elles ne résolvent pas tout.

Selon l’une des dernières enquêtes de Santé Publique France, 1 personne sur 4 sera atteinte de troubles mentaux au cours de sa vie. Une exposition de longue durée au stress peut entrainer des maladies cardiovasculaires, des troubles musculo-squelettiques ou encore des troubles dépressifs ou anxieux.

Il convient ainsi d’être à l’écoute de son corps et de sa santé mentale afin de ne pas aggraver la situation en culpabilisant de ne pas pouvoir faire certaines choses. Consulter son médecin traitant ou un·e psychologue aide à se décharger de la pression, faire le point sur sa situation et trouver des solutions pour prendre soin de soi.

Qu’entend-on par charge mentale ?

Le concept ne date pas d’hier mais son utilisation est aujourd’hui liée aux constats des inégalités hommes/femmes dans les tâches domestiques. Du côté de la sociologie et des inégalités domestiques, c’est la sociologue Monique Haicault qui, en 1984, propose de définir la charge mentale comme le fait de « devoir penser simultanément à des choses appartenant à deux mondes séparés physiquement ». Elle lie ainsi la charge mentale, la charge professionnelle et la charge domestique.

La charge mentale devient problématique pour les individus dès lors qu’elle cause du stress, un état de fatigue permanent, des symptômes précurseurs de troubles dépressifs…

Pour s’en sortir avec ces charges, il est très fréquent de mettre en place des routines comme fixer l’heure à laquelle on prépare le repas et l’heure à laquelle on dîne, prévoir un jour pour faire ses courses… Celles-ci peuvent d’ailleurs s’installer d’elles-mêmes par la répétition quotidienne ou hebdomadaire des mêmes activités et impératifs.

Le cerveau face à la routine : la plasticité cérébrale en action !

Les habitudes font appel à la plasticité cérébrale, c’est-à-dire la capacité du cerveau à s’adapter à des tâches répétitives. La répétition permet au cortex cérébral associé à la tâche de se développer et donc d’améliorer, au fil des jours, sa performance dans l’exécution de la tâche.

Prenons l’exemple d’un jeu de société. Lorsque nous jouons pour la première fois, notre cerveau a besoin de comprendre les règles et d’analyser les avantages et les inconvénients de certains « coups ». Et ça ne se fait pas en une partie ! C’est en jouant régulièrement que l’on devient de plus en plus fort.

Ces améliorations par habitude et répétition ont été observées par IRM. Elles comparent le cortex de personnes habituées à la tâche et celui de de non-habituées. La zone cérébrale stimulée par la tâche apparait, sur l’image, plus grosse, donc plus active, chez les premières que chez les autres. Une amélioration de l’activité cérébrale qui s’inscrit dans le temps. En effet, on observe par IRM que, plusieurs mois après avoir arrêté une routine, la zone du cortex reste plus active chez les personnes ayant pratiqué la routine que chez les non-initiées. Le cerveau a donc été capable de s’adapter à une tâche répétitive : c’est cela, la plasticité.

Habitudes et routines : des outils efficaces face à la pression ?

L’habitude permet donc de gagner du temps et de se libérer d’une partie de la charge mentale en pensant moins à toutes les étapes à accomplir. Mais si d’autres tâches font irruption dans le déroulement de la journée (ce qui semble inévitable) alors les habitudes peuvent s’avérer moins performantes.

En somme, adopter des routines pour être plus efficace et se libérer de la charge mentale est une bonne idée. Mais pour garder un cerveau sain, le laboratoire du vieillissement cognitif de l’Université de Genève préconise de diversifier les activités (des mots-fléchés autant que du Qi Qong) pour stimuler les neurones. De plus, les routines ne font pas disparaitre les sollicitations. Le meilleur moyen de diminuer la charge mentale reste de déléguer, d’être aidé et de dire non afin d’éviter la surcharge.

Des aidants et des aidés

En 2019, la France comptait 2,2 millions de personnes de 85 ans ou plus. Un chiffre amené à tripler dans les trente prochaines années. Autrement dit, de plus en plus de personnes ont et auront besoin d’aide pour accomplir des tâches quotidiennes : déplacements, ménage, administratif…

Et qui dit aide dit souvent personnes aidantes… On compte déjà 11 millions de personnes qui prennent soin de leurs proches. Selon l’Insee, 83% des aidants expriment ressentir une charge lourde et un sentiment de solitude. Cette situation provoque, chez 75% d’entre eux, de l’anxiété, du stress ou du surmenage.

Les aides pour gérer et diminuer la charge mentale

Si vous êtes une personne aidante, vous n’êtes pas seul·e. Des dispositifs existent pour vous libérer du temps et vous soulager (comme le congé de proche aidant de 3 mois renouvelable).

Retrouvez l’ensemble des dispositifs existants pour donner du répit aux aidants (congé, garde de nuit, groupe de parole, vacances, etc.) ici !

Plusieurs aides existent aussi pour les personnes en perte d’autonomie. Les personnes âgées de plus de 65 ans ayant des ressources limitées peuvent par exemple bénéficier d’une aide financière pour financer des heures d’aide-ménagère à domicile. Renseignez-vous auprès de la Mairie, du CCAS de votre commune ou de votre caisse de retraite.

Si vous avez une personne aidante autour de vous : proposez-lui votre aide ! Demandez comment vous pouvez la soulager, quelles sont les tâches qu’il ou elle a du mal à faire et mettez-vous à son service le temps que vous souhaitez. Il est inutile de proposer de nouvelles manières de faire les choses même si elles vous paraissent plus efficaces. En effet, ces nouvelles propositions peuvent s’avérer de nouvelles tâches pour la personne aidante et, ainsi, accroître sa charge mentale au lieu de la diminuer.

Les routines qui aident à diminuer le stress (et font du bien à la santé)

30 minutes de marche rapide, cinq fois par semaine (recommandée par le Ministère chargé de la santé)

 Pratiquer une activité relaxante avant de se coucher : lecture, méditation, auto-massage…

 Se coucher à des horaires réguliers pour favoriser la récupération pendant le sommeil