En 2015, 13% des Français·es déclaraient être atteint·es de calvitie, selon une enquête Ifop.  Que l’origine de la chute de cheveux soit naturelle ou liée à une maladie, ses conséquences sociales, personnelles et psychologiques peuvent être importantes. C’est pourquoi le recours à des chirurgies pour dissimuler la perte de cheveux s’accroit. Mais la pose d’implants capillaires est-elle sans conséquences ?

D’où vient la calvitie ?

Avoir une calvitie n’a rien d’étonnant quand on est un homme de plus de 50 ans. En France, la moitié d’entre eux est d’ailleurs concernée par la calvitie.

Moins visibles, d’autres franges de la population peuvent connaitre des chutes, plus ou moins importantes, de cheveux. C’est ce que l’on appelle l’alopécie. Cette maladie capillaire est définie, en dermatologie, comme la perte progressive des cheveux et/ou des poils. Elle touche plus les hommes que les femmes, mais ces dernières sont aussi concernées.

Qui peut perdre ses cheveux et quand ?

La génétique est la 1ère cause d’alopécie, représentant 90% des cas. Elle s’explique notamment par des changements hormonaux et l’influence de certaines hormones sur les récepteurs capillaires.

Des causes nutritionnelles (carences en fer, cuivre, vitamines B…) et des causes toxiques ou médicamenteuses provoquent également des alopécies. En effet, plus de 300 médicaments distribués en France comportent des effets dits alopéciants. Parmi eux, les traitements utilisés en chimiothérapie.

En somme, si les hommes sont plus sujets aux alopécies dites « androgénétiques », différents facteurs peuvent causer une perte de cheveux. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes sont ainsi susceptibles de traverser une période de perte de cheveux ou de vivre durablement avec une calvitie.

Dissimuler la calvitie

Pour faire face à la stigmatisation et au sentiment de dévalorisation liés à la perte de cheveux, de nombreux hommes, notamment les plus jeunes, réalisent des greffes de cheveux. Face au coût et aux risques inhérents à ces chirurgies, porter une casquette, un bonnet ou un chapeau s’avère, pour certains, moins coûteux et engageant.

Les techniques de micro-greffe

Les greffes de cheveux consistent à transplanter des unités folliculaires d’une partie du corps à une partie du crâne. Les chirurgiens pratiquent des micro-incisions pour prélever des morceaux de peau. Puis, au microscope, ils créent les groupes de cheveux qu’ils replacent ensuite sur les parties du crâne ciblées. Cette technique permet de prélever un plus grand nombre de cheveux en un seul coup. Elle est donc adaptée aux calvities étendues.

Une autre technique, plus récente, consiste à exciser les unités folliculaires avec un poinçon circulaire de moins d’1mm de diamètre. Les cicatrices de cette seconde méthode forment des petits points presque invisibles sur crâne nu ou poilu.

Les spécialistes déplorent toutefois le recours immédiat aux greffes avant la réalisation d’un bilan complet. En effet, comme évoqué en début d’article, les causes d’alopécie et de calvitie sont diverses. Il est, par conséquent, possible d’agir sur certaines d’entre elles, comme celles liées au stress ou à l’alimentation.

Les risques d’une greffe de cheveux à l’étranger

Les cliniques françaises spécialisées en implants capillaires coûtent relativement cher (entre 1 500 et 10 000 euros) comparées aux tarifs pratiqués à l’étranger. Considérées par la Sécurité sociale comme des chirurgies esthétiques et non médicales, les greffes de cheveux ne sont pas prises en charge en France. Elles sont donc davantage sujettes au tourisme médical, en Turquie notamment. Mais quels sont les risques de pratiquer ces chirurgies à l’étranger ?

La International Society of Hair Restoraton Surgery (ISHRS), ou Société Internationale de Chirurgie de Restauration Capillaire, multiplie les alertes concernant les greffes de cheveux « low cost ».

Trois raisons sont en jeu.

D’abord, l’empressement des personnels soignants à organiser l’intervention. En tant que patient, il faut s’assurer que le médecin préfère prendre le temps de plusieurs consultations plutôt que de presser l’opération. Tout chirurgien doit rappeler que la chirurgie est un acte de dernier recours et proposer des solutions alternatives.

Planifier rapidement la chirurgie est pratique courante dans les cliniques étrangères. Elles proposent des formules “rapides” et “tout compris” et se situent même parfois dans des hôtels, proches de l’aéroport. 

Ensuite, les techniques de greffe utilisées multiplieraient les risques d’échec. En effet, en France le coût des greffes varie selon le nombre d’unités folliculaires transplantées. A l’étranger, il arrive que les cliniques facturent au nombre de cheveux et n’adaptent pas la méthode utilisée à la calvitie du patient.

Enfin, réaliser une opération à l’étranger peut empêcher un suivi de longue durée. En effet, les greffes de cheveux doivent impérativement être envisagées sur le long terme. Indéniablement, les cheveux vont continuer de tomber avec l’âge et le résultat d’une greffe après un an risque de différer grandement plusieurs années après. Choisir un chirurgien qui accompagnera la perte de cheveux sur le long terme, en prévoyant plusieurs méthodes et un planning d’opérations selon l’évolution de la perte de cheveux permet d’éviter les mauvaises surprises.

Les greffes ratées existent

Une opération bâclée, c’est le risque d’une greffe ratée, au minimum. Par exemple, si une part trop importante de cheveux a été prélevée dans la même zone donneuse alors la pousse de cheveux ne sera pas uniforme. Il arrive aussi que les cicatrices des greffes soient finalement trop visibles après l’opération. Faire le choix de partir à l’étranger, c’est aussi prendre le risque de ne pas bénéficier d’une protection juridique en cas d’erreur médicale.

Une autre option : l’acceptation

Avec l’essor des mouvements « body positive » et des réseaux sociaux, les témoignages prônant l’acceptation de maladies capillaires telles que l’alopécie se multiplient. Et ont de plus en plus d’audience et de soutien. C’est le cas d’Eva et de David, deux jeunes atteints d’alopécie, respectivement pour des raisons médicales et génétiques. Accepter et vivre avec une alopécie n’est pas facile tous les jours. La diffusion de ces témoignages sont autant d’exemples en faveur d’une banalisation des spécificités propres à chacun·e.