Depuis plusieurs années, le marché des protections périodiques connaît un véritable renouveau. Les études sur la nocivité de ces dernières ont sensibilisé le grand public qui exige des solutions plus respectueuses de sa santé et de l’environnement.
Mais en quoi les protections périodiques conventionnelles peuvent être dangereuses ? Et quelles alternatives choisir en fonction de sa situation ?
Premier volet de notre dossier : les risques sanitaires et environnementaux.

Pourquoi nous préférons parler de protection périodique plutôt que de protection hygiénique ?

Protection périodique, protection hygiénique, protection mens(tr)uelle… le consommateur a de quoi s’y perdre avec toutes ces formulations.

Les serviettes, tampons, coupes menstruelles, sont souvent qualifiés de protections hygiéniques. Le choix des mots est important.

De plus en plus de personnes, notamment celles qui œuvrent pour libérer la parole autour des règles, proposent plutôt de parler de protections périodiques ou de protections menstruelles.

Pourquoi ? La dénomination est générique. Elle n’implique pas de régularité (les règles peuvent être irrégulières). Enfin, elle enlève la sensation de honte, portée implicitement par la notion « d’hygiène ». Les règles ne sont pas sales, font partie intégrante de la vie et peuvent toucher tous les âges. Libérer la parole autour de ces sujets contribue à sensibiliser les personnes, ce qui en fait des citoyens et consommateurs éclairés !

Les protections périodiques conventionnelles sont souvent dangereuses pour la santé

Certaines protections contiennent des traces de substances chimiques. Plusieurs tests menés en 2016 révèlent des résidus de pesticides ou d’herbicides comme le glyphosate. Certains sont autorisés dans l’Union européenne, d’autres, interdits1. Si leurs valeurs sanitaires ne sont pas dépassées, l’Anses recommande aux fabricants de réduire autant que possible ces contaminations, qui surgissent à différentes étapes de la fabrication.

60 millions de consommateurs avait relevé la présence de dioxines dans plusieurs marques de tampons et alerté sur la présence de glyphosate dans des protège-slips d’une marque bio. Les dioxines sont des polluants industriels, environnementaux et organiques persistants, toxiques pour la santé. te

On retrouve d’autres perturbateurs endocriniens dont les phtalates, l’aluminium, mais aussi des additifs, des parfums, de l’alcool, etc. Ils sont souvent combinés. Malheureusement, la recherche commence à peine à travailler sur l’effet cocktail des perturbateurs endocriniens. Il existe encore peu d’études sur leurs conséquences sur la santé, qui pourraient être multipliées. La prudence est donc de mise.

Les protections périodiques à usage unique sont polluantes

Chaque année, plus de 2 milliards de tampons et serviettes sont jetés en France, selon l’association Zero Waste France. Cette seule donnée donne le vertige.
Les protections périodiques n’étant pas recyclables, elles mettent 500 ans à se dégrader et contaminent l’eau et les sols, quand elles ne sont pas incinérées.
Même si le coton retrouvé dans les protections est un produit naturel, il est souvent arrosé d’engrais ou de pesticides, comme nous l’avons vu précédemment. Et, qu’il soit bio ou conventionnel, le coton utilise énormément d’eau.

 

Les alternatives aux serviettes et tampons conventionnels se développent 

Il n’y a pas si longtemps, seuls les tampons et serviettes conventionnels étaient facilement accessibles.
Depuis quelques années, les témoignages sur le syndrome du choc toxique se multiplient. Certains sont très médiatisés, comme celui du mannequin Lauren Wasser, qui use de sa notoriété pour sensibiliser le plus grand nombre.

Les protections en coton bio, coupes menstruelles, serviettes lavables et culottes de règles ont peu à peu essaimé sur Internet puis se sont fait une place dans les rayons des pharmacies, magasins bio et grandes surfaces.

Dans un prochain article, nous verrons quelles sont ces alternatives, à quoi faire attention en les choisissant et dans quels cas elles peuvent être utilisées.

 1Sécurité des produits de protection intime, Anses, décembre 2019